Plus de 14 000 postes de cadres à saisir en Nouvelle-Aquitaine

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Près de 296 600 recrutements de cadres sont prévus dans l’Hexagone cette année. © Crédit photo : Theillet Laurent/ »Sud
Ouest »
Sud Ouest par Nicolas César – Publié le 19/02/2020
Les cadres sont de plus en plus « chassés ». Leur taux de chômage est faible. Dans la région, les prévisions de recrutement en 2020 sont en forte hausse. Mais avec de fortes disparités selon les métiers et le territoire.
Si le taux de chômage reste encore à 8,1 % en France, les cadres, eux, sont quasiment en situation de plein-emploi (3,4 % de chômeurs seulement). Et avec 296 600 recrutements de cadres attendus dans l’Hexagone en 2020, selon l’enquête (1) annuelle de l’Apec (Association pour l’emploi des cadres), un nouveau record devrait – encore – être battu. Car la montée en puissance de la transformation numérique dans tous les secteurs d’activité nécessite des compétences à forte valeur ajoutée et le recours à davantage de cadres. La Nouvelle-Aquitaine devrait profiter pleinement de cette dynamique. Pas moins de 13 970 embauches sont attendues en 2020. Soit une hausse de 6 % en un an.
L’industrie se porte bien
Les besoins sont particulièrement élevés pour les fonctions commerciales (18 %), mais aussi études, recherche & développement (17 %), ainsi que dans la production industrielle et de chantier (15 %).
Dans l’informatique, en revanche, les recrutements (11 % du volume total) sont très inférieurs à la moyenne nationale (23 %).
Du côté des secteurs, les services restent le premier pourvoyeur avec 58 % des intentions d’embauche, mais celles-ci sont bien en dessous du niveau national (74 %). À l’inverse, « il y a une dynamique spécifique dans l’industrie en Nouvelle-Aquitaine », observe Danielle Sancier, déléguée
régionale de l’Apec. Notamment dans l’aéronautique et l’agroalimentaire.
L’industrie concentre 22 % des recrutements, contre 14 % pour la moyenne nationale. Un signe que le plan « usine du futur », lancé par le Conseil régional en 2014 pour aider les industriels à moderniser leur outil de production, porte ses fruits. Dans les secteurs du commerce (12 % des
recrutements, écart de 4 points avec la moyenne nationale) et de la construction (8 %, écart de trois points), il y a également un décalage avec le reste de la France, mais il est moindre.
« Il y a une dynamique spécifique dans l’industrie en Nouvelle-Aquitaine »
Autre enseignement de cette étude, le département où les entreprises prévoient le plus d’accroître leurs effectifs de cadres est celui des Deux-Sèvres. 18 % des sociétés de ce territoire prévoient d’étoffer le nombre de leurs « cols blancs ». Contre 13 % pour la moyenne régionale. « Ce
département, qui compte de nombreux acteurs de la banque et de l’assurance, a de forts besoins liés à la transformation numérique », analyse Danielle Sancier. Il est suivi de près par le Lot-et-Garonne et les Landes (16 % des chefs d’entreprises envisagent d’avoir plus de cadres) et les Pyrénées-
Atlantiques (15 %). La Gironde, qui était en tête l’an dernier, arrive en 4e position (14 %).
Plus de promotions internes
Ceci étant, en volume, l’essentiel des recrutements (60 %) se feront en ex-Aquitaine, en particulier en Gironde et dans les Pyrénées-Atlantiques. L’ex-régionPoitou-Charentes devrait accueillir 32 % de ces recrutements, mais l’ex-Limousin devra se contenter de seulement un millier de postes (8 % du total).
Les PME peinent à attirer les talents, faute de moyens et de temps pour « soigner » leur marque employeur
Mais entre les intentions d’embauches et la réalité, il y a parfois un décalage. Car les PME peinent souvent à trouver les compétences recherchées ou à attirer les talents, faute de moyens et de temps pour « soigner » leur marque employeur. Ainsi, l’an dernier en Nouvelle-Aquitaine, l’Apec prévoyait près de 14 000 recrutements externes.
Dans les faits, 13 180 ont été réalisés. Soit autant qu’en 2018. Mais il y a eu une nette progression des promotions internes (+ 10 % en un an, contre + 4 % les années précédentes). Certaines sociétés comme Lim Group en Dordogne, leader mondial de la sellerie pour cavaliers de haut niveau, ont même créé leur centre de formation.
Le profil type du cadre est…
« Lorsque les entreprises n’ont pas trouvé le “bon profil”, elles ont choisi de former certains de leurs salariés pour les faire monter en compétences », souligne Danielle Sancier. Ce qui explique l’envolée (+ 22 %) de la création nette d’emplois (5 360) en 2019 dans la région. Pour les candidats à un poste
de cadre, c’est donc le moment de postuler…
Tout ceci fera-t-il évoluer le profil du « col blanc » néo-aquitain (ils sont 236 500 actuellement, NDLR).
Aujourd’hui, c’est un homme (à 66 %) de 30 à 49 ans (à 57 %), travaillant dans les services (à 58 %) au sein d’une entreprise de 10 à 49 salariés (à 29 %) ou de 50 à 249 salariés (à 26 %).
« Lorsque les entreprises n’ont pas trouvé le “bon profil”, elles ont choisi de former certains de leurs salariés pour les faire monter en compétences »
Une chose est sûre, les seniors n’ont plus guère la cote sur le marché des cadres. Seulement 11 % des entreprises de la région prévoient de recruter des cadres ayant plus de quinze ans d’expérience.
« C’est un sujet qui doit mobiliser tous les acteurs de l’emploi », alerte Danielle Sancier. En effet, les patrons recherchent majoritairement (à 45 %) des cadres de six à quinze ans d’expérience, mais acceptent aussi des juniors (44 %), qui leur coûteront moins cher en salaires.
Travailler la marque employeur Et sur le « fond », les sociétés n’attendent plus que des compétences technologiques. L’enquête de l’Apec montre que les chefs d’entreprises de la région veulent avant tout des cadres ayant le sens des responsabilités, du savoir-être et des capacités d’adaptation. Pour mieux faire face aux évolutions sociétales : montée du télétravail, plus forte mobilité géographique et difficultés accrues à fidéliser les nouvelles générations.
Car les sociétés doivent désormais ardemment travailler leur marque employeur pour attirer les cadres, notamment en mettant en avant leurs valeurs, leur environnement de travail et leurs efforts pour contribuer à la transition énergétique. C’est devenu un enjeu majeur.
(1) Pour cette enquête, l’Apec a interrogé en 2019, d’octobre à décembre, 880 établissements privés de Nouvelle-Aquitaine, employant plus de 43 000 cadres.