Démonstrateur de butadiène bio près de Bordeaux

www.linkedin.com/in/aes-association-81b28b84

Dans le cadre de leur projet Biobutterfly, Michelin, Axens et l’Ifpen ont annoncé la mise en chantier avant la fin de l’année de leur démonstrateur de butadiène biosourcé à Bassens, près de Bordeaux , sur un site de Michelin. Les premiers lots seront disponibles mi-2021, avec du butadiène dérivé d’éthanol de première ou deuxième génération. Lancé en 2012 et prévu jusqu’à 2022, Biobutterfly aura nécessité au total des investissements de 70 millions d’euros.

Les trois partenaires entament la dernière phase de leur projet Biobutterfly. Michelin, Axens et l’Ifpen ont annoncé le 26 septembre le démarrage avant la fin de l’année de la construction de leur démonstrateur de production de butadiène biosourcé, à Bassens, près de Bordeaux (Gironde), à proximité d’un site de Michelin. La construction devrait s’achever fin 2020, pour une disponibilité des premiers lots mi-2021. Ce projet devrait aboutir à la création d’une vingtaine d’emplois sur le site.

Marché potentiellement colossal

Initié en 2012, le projet Biobutterfly vise la production de butadiène, aujourd’hui pétro-sourcé, à partir d’éthanol vert. Qu’il soit de première génération – dérivé de betteraves, de blé ou de maïs -, ou de deuxième génération, donc dérivé de matières non concurrentes de celles pour l’agroalimentaire, comme des déchets agricoles et forestiers (copeaux de bois, paille, tiges). Cette forme biosourcée de butadiène dispose d’un marché potentiellement colossal. Selon les trois partenaires, la demande mondiale en butadiène, particulièrement utilisé pour la production de caoutchouc synthétique, atteint aujourd’hui 12 millions de tonnes par an, dont 40% est utilisé pour la fabrication de pneumatiques.

70 millions d’euros

Michelin, Axens et l’Ifpen indiquent qu’entre 2012 et 2022, ils auront investi 70 millions d’euros dans ce projet de butadiène vert. Lequel a bénéficié d’un soutien financier de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) à hauteur de 14,7 millions d’euros, sous formes de subventions et avances remboursables versées dans le cadre des Programmes d’investissements d’avenir. Ces dernières années, les trois partenaires ont mené plusieurs essais en laboratoire, avec des productions à l’échelle du gramme, avant de passer à des productions de centaines de grammes grâce à des unités pilotes sur le site de l’Ifpen à Lyon (Rhône). Le démonstrateur passera un cap notable puisqu’il aura pour mission d’atteindre des capacités de 20 à 30 tonnes par an.

Technologie de rupture

L’objectif est la mise au point d’une réelle technologie de rupture valable à l’échelle industrielle. En ligne de mire, il s’agit de concevoir des procédés industriels commercialisables pour des unités de bio-butadiène de capacités de 100 000 tonnes par an. Si la mission du démonstrateur est couronnée de succès, Axens sera en charge de la commercialisation du procédé Biobutterfly à des chimistes et des industriels du pétrole dans le monde. Michelin se pose déjà comme un grand client potentiel. Le géant français des pneumatiques vise une incorporation de 80% de matières premières durables dans ses pneus d’ici à 2050, en précisant que le butadiène biosourcé devrait compter pour 20% de cet objectif.