Bordelais : une quinzaine dédiée aux métiers de la vigne et du vin

Du 1er au 12 avril, Pôle emploi organise la deuxième Quinzaine des métiers de la vigne et du vin en Gironde. Une manifestation ouverte aux demandeurs d’emplois mais aussi à ce qui veulent changer de métier ou même découvrir ceux de la vigne et du vin. Un initiative intéressante puisque le vignoble bordelais constitue une filière de référence en Gironde.

Comme l’a rappelé ce vendredi marin Christophe Château dans les locaux du CIVB, Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux dont il est le directeur de la communication, « la vigne en Gironde c’est 55.000 emplois directs et indirects : c’est la plus grande filière du département ». Christophe Château intervenait dans le cadre de la présentation de la deuxième Quinzaine des métiers de la vigne et du vin en Gironde, qui se tient du 1er au 12 avril prochains.

Une manifestation organisée par Pôle emploi, dont Benoît Meyer, le directeur Gironde était présent, en collaboration avec l’Anefa (Association nationale pour l’emploi et la formation en agriculture), qui était représentée par Bruno Meunier, son directeur Gironde, et Cap Métiers Nouvelle-Aquitaine, dont la directrice générale, Corinne Lafitte, avait fait le déplacement au CIVB. Etant donné la pyramide des âges, avec plus de 55 % d’exploitants âgés de plus de 55 ans, et l’éclosion de nouveaux métiers, « dans le commerce, le digital » comme l’a déroulé Christophe Château, la demande en recrutements va grimper. Avec 114.000 hectares le vignoble bordelais représente 50 % de la surface agricole utile de la Gironde.

Tout un ensemble de métiers différents

Plus grand de France, le vignoble de Bordeaux est aussi un poids lourd international puisqu’il est d’une taille supérieure à celui d’Afrique du Sud (environ 100.000 hectares).

« C’est la deuxième fois que nous organisons cette quinzaine, avec la volonté d’accélérer sur l’emploi dans la vigne. Nous étions dans une situation un peu paradoxale puisque Bordeaux est le premier vignoble de France et que nous n’avions pas de vitrine dédiée à l’emploi dans cette filière. L’an dernier nous avons rassemblé plus de 50 entreprises et 500 entretiens de recrutements ont eu lieu » a rembobiné Benoît Meyer.

La fiche signalétique du vignoble indique qu’il compte 4.000 exploitations viticoles qui emploient du personnel, soit un total de 50.000 salariés, représentant 17.300 emplois équivalent temps plein. Ces derniers travaillent dans 58% des cas via des contrats courts. Mais la filière viticole s’étend bien au-delà de la simple récolte du raisin. Les activités de vinification et de fabrication de vins, ainsi que la commercialisation, représentent plus de 5.000 emplois. Auxquels il faut également rajouter ceux de la tonnellerie, de l’entreposage, du conditionnement et du tourisme œnologique. C’est ce qui explique aussi que tout au long de cette manifestation une vingtaine d’actions ont été programmées dans tout le département, du nord, à Pauillac, jusqu’à sud, à Bommes (Château La Tour Blanche), en passant par Puisseguin, à l’est, et Léognan, au sud-ouest. Job dating sur les métiers de la vigne, job dating sur les métiers du chai, visites d’entreprises, formations, tables rondes : le menu est copieux.

95 % d’embauches en CDD en 2018

Les dirigeants de châteaux viticoles le reconnaissent volontiers, leurs domaines ne sont pas toujours faciles à trouver. C’est pourquoi il ne faut pas hésiter à contacter les organismes de défense et de gestion (ODG), que l’on appelait auparavant syndicats viticoles, des différentes appellations girondines. Mais Pôle emploi est là aussi pour fournir les informations désirées. Le vin ne se résume pas aux vendanges, puisqu’il faut notamment tailler les vignes, mais il reste une activité saisonnière.

En 2017 près de 65.000 embauches ont été comptabilisées en Gironde (culture de la vigne, vinification, fabrication de vin) dont 30 % en septembre : 95 % consistaient en des contrats à durée déterminée (CDD) de moins d’un mois. En décembre 2018 le nombre de demandeurs d’emploi à la recherche d’une activité dans la vitiviniculture en Gironde atteignait la barre des 6.200 personnes. Avec une concentration marquée (plus de 10 %) dans les bassins d’emplois du Médoc, de Libourne et de Langon.

« La vitiviniculture prend un énorme virage pour sortir des pesticides et développer une démarche plus proche de la nature, ce qui va changer l’image du métier mais aussi créer de nouveaux emplois, comme pour le labourage. Dans cette filière, la nature est un vrai sujet » a conclu le représentant du CIVB.