Du sirop d’érable dans Flying Whales

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Sudouest du 5 décembre 2019 par Benoit Lasserre

Le dirigeable servira au transport de lourdes charges comme le bois des forêts.

AÉRONAUTIQUE L’entreprise Flying Whales qui va fabriquer en Gironde des dirigeables pour le transport de marchandises vient de faire entrer dans son capital le gouvernement québécois. Il rejoint la Nouvelle-Aquitaine, partenaire historique du projet.

Le 13 novembre à Québec, l’entreprise Flying Whales a marqué un nouveau point important dans son long et patient cheminement industriel. Ce jour-là, dans la capitale du Québec, recouverte de neige, le ministre de l’Économie de la province francophone, Pierre Fitzgibbon, a en effet confirmé une promesse actée au Salon aéronautique du Bourget, en juin dernier, à savoir l’entrée au capital de l’entreprise créée en 2012 par Sébastien Bougon. L’annonce a été faite au cours d’une conférence de presse à laquelle assistait le patron de flying Whales ainsi qu’Alain Rousset, qui conduisait outre-Atlantique une délégation de Nouvelle-Aquitaine.

Le hangar à l’intérieur duquel sera construit le futur dirigeable se situera en effet en Gironde. Trois sites sont actuellement en compétition, à Cestas, Libourne et Saucats, sachant que l’établissement a besoin de beaucoup d’espace vu l’envergure de l’engin.

Ce projet de dirigeable doit beaucoup à Alain Rousset, séduit par les arguments de Sébastien Bougon, un ancien haut dirigeant de Vinci et Bouygues. La Nouvelle-Aquitaine est entrée à hauteur de 10,35 millions d’euros dans la holding de tête de Flying Whales, dans laquelle on retrouve également d’autres actionnaires publics comme l’Office national des forêts et désormais Aéroports de Paris. Sébastien Bougon attend une réponse positive d’autres sociétés privées pour figer son tour de table.

Bois des forêts ou pylônes

Alain Rousset a beaucoup joué l’intermédiaire entre Flying Whales et le Québec, province jumelée avec la Nouvelle-Aquitaine. Il est vrai que les deux territoires ne peuvent qu’être intéressés par le projet. Celui-ci consiste à construire des dirigeables, non pas destinés à transporter des passagers mais de très lourdes charges, comme le bois des forêts ou les pylônes électriques. « Ce transport par les airs évite de faire appel aux camions qui endommagent les routes et même les forêts, souligne Alain Rousset.

De plus en plus de communes interdisent, d’ailleurs, aux camions d’utiliser leurs routes. Flying Whales est un projet innovant et environnemental car l’énergie sera hybride. » « Ce sera même la propulsion hybride la plus puissante du monde », assure Sébastien Bougon. Il faudra aussi obtenir le feu vert de la Direction générale de l’aviation civile pour faire voler dans le ciel ces énormes cigares lestés de fret.

Le gouvernement de la province canadienne, grâce à son apport de 30 millions de dollars (environ 20 millions d’euros), provenant du fonds public Québec Investissement, siégera au sein de la holding de tête à hauteur de 24,9 %, soit autant que le gouvernement chinois via son entreprise aéronautique Avic.

C’est d’ailleurs la présence de l’État chinois qui a compliqué les négociations. Le grand voisin américain, dont les relations avec Pékin sont déjà venimeuses, a estimé, via plusieurs de ses entreprises comme Lockheed, un temps intéressé par le projet de Sébastien Bougon, que Flying Whales faisait entrer le loup dans la bergerie. « L’État chinois s’est engagé à ne faire appel qu’à la technologie de Flying Wha-les », répond Sébastien Bougon.