Les bonnes prévisions économiques de la Banque de France pour 2019 en Nouvelle-Aquitaine

Objectif Aquitaine / La tribune Par Jean-Philippe Déjean  | 
Le bureau régional de la Banque de France en Nouvelle-Aquitaine, dirigé par Patrick Berger, a rendu publics hier jeudi les résultats de son enquête annuelle, qui a présenté le bilan économique néo-aquitain 2018 et les prévisions 2019.

Les conclusions de la Banque de France indiquent clairement que la Nouvelle-Aquitaine a connu une croissance robuste en 2018, qui n’a pas été stoppée malgré de nombreux aléas.

« Par à-coups, les difficultés de recrutement, les pénuries d’approvisionnement, les postures protectionnistes américaines et les perturbations liées aux mouvements sociaux vers la fin d’année ont produit des effets négatifs dans la région. Ils ne remettent toutefois pas en cause une tendance de fond, haussière, de l’activité » résume ainsi le compte-rendu de cette présentation.

La difficulté à recruter des personnels qualifiés n’est pas limitée à quelques secteurs d’activité mais généralisée, avec plus ou moins d’intensité selon les cas. Un phénomène souligné par le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, lors de son passage à Bordeaux.

De belles perspectives pour l’industrie

Cette difficulté quasi générale à recruter semble témoigner de la violence d’impact de la crise financière de 2008, qui a frappé tous azimuts, poussant à réduire ou à remettre à plus tard programmes d’embauches et formations en entreprises. Avec la reprise depuis 2015 d’une croissance créatrice d’emplois, la tension sur les recrutements s’accroît mécaniquement sans pour autant bloquer toute la machine économique. Le chiffre d’affaires de l’industrie régionale a ainsi progressé de +2,9 % en 2018.

Une bonne nouvelle puisque la Banque de France précise que ce secteur a été souffert de nombreux handicaps, comme les problèmes d’approvisionnement dans le travail du bois ou la fabrication d’équipements électriques-électroniques, les difficultés de recrutement dans la construction navale ou aéronautique, qui ralentissent le rythme des livraisons. La Banque de France anticipe une année 2019 encore plus porteuse dans le secteur industriel, avec une prévision de chiffre d’affaires à +4,4 %. Les effectifs devraient quant à eux connaître une légère érosion de la hausse (+1,2 % en 2018, +0,9 % prévu en 2019). La situation est un peu plus tangente du côté des investissements, qui, après avoir reculé de -4,9 % en 2018 devraient bondir de +6,5 % en 2019.

La digitalisation de la santé tire les services marchands

La hausse d’activité dans les services marchands se poursuit même si une petite baisse d’intensité est pronostiquée pour 2019. Le chiffre d’affaires dans ce secteur a ainsi progressé de +4,6 % en 2018 et devrait continuer de augmenter, à +3,6 % en 2019. La Banque de France observe que cette hausse d’activité se double d’une augmentation proportionnelle des effectifs, qui ont progressé de +4,4 % en 2018 et sont pronostiqués à +2,5 % en 2019. A nouveau le volet investissements est le point faible du bilan même si l’orientation est meilleure. Après un recul marqué de -6,8 % en 2018, l’investissement dans les services marchands devrait être moins négatif en 2019, à -2,4 %. La Banque de France explique que ce secteur des services marchands est en particulier tiré par le développement des systèmes d’information et d’hébergement de données, en particulier dans le secteur de la santé.

La construction a bénéficié elle aussi d’une hausse d’activité en 2018, avec un chiffre d’affaires en progression de +4,6 %. La prévision de croissance est ramenée à +1,5 % pour 2019. La Banque de France observe que cette évolution confirme la robustesse de la reprise dans ce secteur du BTP (bâtiment/travaux publics). D’autant plus que les travaux publics (dépendants de la commande publique) et mis au régime sec depuis des lustres, ont enregistré une très forte hausse de leur chiffre d’affaires à +7,9 % ! Tandis que le bâtiment restait bien orienté à +3,6 %.

La baisse de croissance de l’activité anticipée pour 2019 serait liée à un « léger repli’ attendu dans les travaux publics. L’évolution des recrutements devrait passer de son côté de +0,8 % en 2018 à +0,4 % en 2019. Par contre l’attentisme, solidement ancré dans les stratégies actuelles, plombe l’investissement : après un recul de -11,9 % en 2018 ce dernier devrait afficher une baisse de -11,1 % en 2019.