Les intentions d’embauche augmentent de 27 % dans l’industrie

Usine Nouvelle: Anne-Sophie Bellaiche Publié le

Bonne nouvelle: Sur un an, l’industrie connaît une forte hausse de ses projets de recrutement selon l’enquête de Pôle Emploi, « Besoins en main d’œuvre ». Mais des tensions se profilent, et candidats comme employeurs devront s’adapter.

2018 s’annonce comme une excellente année pour l’emploi… si employeurs comme salariés font un pas l’un vers l’autre. Pôle Emploi a en effet présenté le 10 avril une hausse inédite des intentions d’embauche. Le mouvement touche l’ensemble de l’économie avec plus de 18,7 % de projet de recrutement en 2018, contre « seulement » + 8,2 % en 2017, mais il est particulièrement marqué dans la construction et l’industrie.

L’industrie, qui représente 9 % des intentions d’embauche, connaît une hausse de + 27 % par rapport à l’an dernier quand les services aux particuliers, qui concentrent la majeure partie des recrutements (38 %), envisagent une augmentation de + 13 %. La croissance a pourtant déjà été soutenue l’an dernier mais pour Jean Bassères, directeur de Pôle Emploi: « il y a un certain effet de rattrapage, comme un décalage dans la confiance ».

Hausse des emplois « durables » en CDI ou CDD

Les employeurs estiment que l’on est désormais entré dans un cycle de croissance durable. « On constate une augmentation des établissements prévoyant d’embaucher de + 3,5 points et ils sont désormais plus du quart dans cette dynamique avec une hausse significative cette année dans les établissements de plus de 200 salariés ». Par ailleurs, plus de 64 % des recrutements envisagés concernent désormais des contrats durables, c’est-à-dire en CDI ou CDD de plus de 6 mois (contre 57,5 % l’an dernier).

Face à une hausse de leurs besoins, les employeurs anticipent assez légitimement des tensions sur le recrutement. La part de recrutements estimés comme « difficiles » passe de 37,5 % en 2017 à 44,4 % en 2018. Et là encore, construction et industrie sont en première ligne avec 61,2 % de projets difficiles dans la construction et 50,3 % dans l’industrie.

Une analyse plus fine par métiers montre aussi que ce secteur est en première ligne dans la surchauffe. Sur les 15 métiers où la difficulté est la plus élevée, on compte 7 métiers de l’industrie comme chaudronniers/ tôliers/forgerons, mécaniciens et électroniciens de véhicules, dessinateurs en mécanique, ouvriers qualifiés de maintenance en mécanique…

« Chaudronnier, c’est dans Astérix ! »

Face à ces tensions, Pôle Emploi propose des solutions d’accompagnement aux entreprises, comme la pré-sélection de candidats sur les compétences ou la mise en place de formation préalables à l’embauche, permettant d’ajuster les compétences aux attentes des entreprises. Pôle Emploi estime qu’il faut faire de la pédagogie auprès des entreprises pour leur expliquer qu’elles ne trouveront pas exactement le profil qu’elles cherchent et qu’il peut y avoir un cycle de formation à envisager.

L’organisation propose des formules de formation assez opérationnelles comme les POEI (préparation opérationnelle à l’emploi individuel) ou l’AFPR (Action de formation préalable au recrutement). L’organisation travaille aussi sur les stéréotypes que peuvent avoir les candidats par rapport à certains secteurs et métiers. « Lorsqu’on dit chaudronnier, les gens s’imaginent dans Astérix, ils ne se projettent pas forcément dans le spatial », constate Jean Bassères.

Pôle Emploi mise sur la découverte de la réalité du travail dans les usines. En 2017, 198 000 immersions professionnelles en entreprise d’une durée d’environ deux semaines ont ainsi été réalisées. Pour le directeur de Pôle emploi, il n’y a toutefois pas de fatalité à ces difficultés. L’an dernier, 90 % des offres déposées à Pôle emploi se sont concrétisées par un recrutement.