Nouvelle-Aquitaine : 30.000 emplois salariés créés en 2017

Par Pierre Cheminade  | 
Conjoncture, indicateurs de performance et perspectives pour 2018 : le directeur régional de Pôle Emploi a présenté les grandes lignes de son rapport annuel. Pour la première fois, la direction de Nouvelle-Aquitaine a atteint tous ses objectifs en matière de qualité du service rendu.

« Aujourd’hui, le besoin des entreprises c’est de recruter ! », assure Frédéric Toubeau, le directeur régional de Pôle Emploi en Nouvelle-Aquitaine, lundi 5 mars, lors de la présentation des résultats annuels de l’opérateur public de l’emploi. A l’instar du dynamisme de l’emploi des cadres relevé par l’Apec le mois dernier, « l’emploi salarié en Nouvelle-Aquitaine a retrouvé son niveau d’avant la crise de 2009/2010 et affiche même une croissance plus forte que celle enregistrée au niveau national », complète le dirigeant. Avec 30.000 créations de poste, l’emploi salarié a en effet progressé de 2,1 % en 2017 dans la région, contre +1,8 % en moyenne France entière.

Déclarations d’embauche en hausse de 12 % sur un an

Ce dynamisme se retrouve aussi dans l’emploi intérimaire, avec une hausse de 3 % constatée par Pôle Emploi l’an dernier à 65.000 postes en intérim contre autour de 45.000 postes en 2009/2010. Une performance néanmoins inférieure à la croissance nationale (+6,6 %) Enfin, autre indicateur orienté positivement : le nombre de déclarations préalables à l’embauche a bondi de 12 % dans la région l’an dernier.

Dans ce contexte et aidés par une croissance économique qui a atteint 2 % l’an dernier au niveau national, les services de Pôle Emploi ont comptabilisé 376.000 retours à l’emploi dans la région en 2017, soit une hausse de 11 % par rapport à l’année 2015. « Un tiers de ce chiffre est lié à la conjoncture tandis que les deux autres tiers s’expliquent par les actions des agents de Pôle Emploi », considère Frédéric Toubeau.

Parallèlement, le nombre de demandeurs d’emploi inscrit en catégorie A (sans activité et tenus de recherche un emploi) a diminué de 0,65 % entre janvier 2017 et janvier 2018 pour atteindre 317.000 personnes. Le taux de chômage dans la région était ainsi de 9 % au troisième trimestre 2017 en Nouvelle-Aquitaine contre 9,4 % au niveau national.

Pole Emploi

Evolution du nombre de demandeurs d’emplois de catégorie A de 2007 à 2017 en Nouvelle-Aquitaine (chiffres Pôle Emploi).

Pôle Emploi Nouvelle-Aquitaine fait carton plein

Frédéric Toubeau est également revenu sur les indicateurs de performance fixé à Pôle Emploi dans le cadre de sa convention avec l’Etat et l’Unedic. « La Nouvelle-Aquitaine est l’une des quatre régions françaises à réaliser le Grand Chelem en 2017 en respectant l’ensemble des 14 objectifs. C’est une première », s’est félicité le directeur. Outre le nombre de retour à l’emploi (376.000 réalisations pour un objectif de 362.000 en 2017 et de 366.000 en 2018), l’opérateur public affiche une série d’indicateurs très flatteurs :

  • 71 % de satisfaction des demandeurs d’emplois (+6 points en deux ans) ;
  • 94 % de paiement des prestations dans les délais ;
  • 72 % d’entreprises satisfaites par la dernière opération de recrutement pilotée par Pôle Emploi ;
  • 91 % de satisfaction des demandeurs d’emploi par rapport aux services numériques (+18 % en trois ans).

Des chiffres qui peuvent paraître décalés par rapport au ressenti des demandeurs d’emplois. « Il y a un écart entre ces résultats et la perception des Français », reconnaît Frédéric Toubeau, précisant cependant que ces enquêtes de satisfaction sont réalisées par un prestataire extérieur à Pôle Emploi, en l’occurrence l’Ifop. « Ces bons résultats sont également constatés dans le baromètre BVA qui fait état de 76 % de demandeurs d’emplois satisfaits par les services de Pôle Emploi, une hausse de 10 points en cinq ans », ajoute le directeur régional.

Du PEC et du PIC pour 2018

En ce qui concerne les mois à venir, Pôle Emploi poursuivra sa conversion au numérique et à l’open data ainsi que son approche par les compétences plutôt que par les diplômes. « 14 qualités professionnelles identifiées permettent ainsi de créer plus facilement des passerelles de compétences entre des professions a priori très éloignées mais qui requièrent des savoir-faire communs : une couturière a ainsi été embauché pour souder des cartes à puces et un boulanger a rejoint une entreprise de menuiserie », détaille Frédéric Toubeau, qui précise qu’à chaque fois une formation est proposée pour accompagner la reconversion.

Enfin, l’opérateur public devra mettre en musique les deux nouveaux dispositifs annoncés par l’Etat en matière de contrats aidés et de formation professionnelle.

Les ex contrats aidés sont ainsi remplacés par des « Parcours emplois compétences » (PEC) moins nombreux et désormais réservés au secteur marchand et financés à 50 % par l’Etat. « L’objectif est de cibler les demandeurs d’emplois qui ont besoin d’une montée en compétences dans une logique de tremplin vers le marché de l’emploi », éclaire Frédéric Toubeau. Ces contrats de 9 mois minimum sont ainsi promis à un suivi plus sérieux et personnalisé que leurs prédécesseurs.

L’autre chantier, le « Plan d’investissement dans les compétences » (PIC) concerne la réforme de la formation professionnelle. Alors que, selon Pôle Emploi, 54 % des demandeurs d’emploi ont une qualification inférieure ou égale au niveau CAP/BEP et 76 % au niveau BAC, il y a un enjeu massif de formation pour faire coïncider l’offre et la demande. « Les entreprises demandent une main d’œuvre qualifiée mais beaucoup de demandeurs d’emplois ne le sont pas suffisamment. L’objectif est donc d’augmenter significativement le nombre de formation pour ces demandeurs« , décrypte le directeur régional. Les grandes lignes de cette réforme ont été présentées, le 5 mars, par Muriel Pénicaud, la ministre du Travail.